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Le Journal d'une vie

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Chaque jour, les images qui parviennent d'Haïti montrent l'ampleur du désastre. Si les secours s'organisent à Port au Prince, la situation y reste dramatique avec le manque d'eau potable, de vivres et de médicaments. En province, les habitants rescapés rencontrent les mêmes difficultés et appellent au secours la communauté internationale. Ainsi dans la ville de Jacmel.

• Témoignage de Yvan Prosperini, membre français de la Mission de l'ONU :

Jacmel, la 4e ville du pays, située à 40 km de l'épicentre dans le sud de l'île, a été détruite à 60% et compte de nombreuses victimes. Elle souffre d'une pénurie d'eau potable, de nourriture et de carburant. La désorganisation est totale puisque les liaisons avec la capitale sont extrêmement difficiles (la seule route est coupée en quatre endroits) et les liaisons téléphoniques très limitées. Cette ville est laissée quasiment à l'abandon : on se demande même si les autorités ont bien pris conscience que cet endroit a aussi été fortement touché par le séisme.
Yvan Prosperini, un des membres français de la MINUSTAH (Mission des Nations-Unies pour la stabilisation en Haïti), le seul sur place formé pour répondre aux situations d'urgence (Master d'aide humanitaire, urgence et réhabilitation à l'Université d'Aix-en-Provence), joint par téléphone, souhaite que soit prise en compte dans les plus courts délais la situation de la ville de Jacmel dont l'unique hôpital est en partie détruit. Certaines des écoles se sont effondrées sur les élèves ; les réserves d'essence, d'eau et de nourriture sont limitées.
Il pense indispensable que soient acheminées d'urgence les aides matérielles nécessaires (eau, nourriture, essence), que soit désigné sur place un responsable de coordination de ces aides en liaison directe avec les autorités de l'ONU et de l'état haïtien, que le détachement de militaires sri-lankais (dépendant de la MINUSTAH), présent sur place et actuellement immobilisé faute d'ordre, puisse devenir opérationnel pour aider la population réfugiée sur le stade de la ville et qui, pour l'instant, est secourue par des bénévoles locaux désorganisés.
Il faut aussi que des équipes de secours spécialisées puissent d'urgence déblayer les immeubles effondrés, notamment les écoles où de nombreux enfants peuvent encore se trouver, et aident à consolider la seule structure hospitalière dont la fragilité des bâtiments fortement touchés par le séisme, limite considérablement l'utilisation.
Dans la situation actuelle de la ville de Jacmel et des autres villes - dont la capitale - détruites par le séisme, une solution à envisager pour permettre à la population de s'organiser pour poursuivre une vie sociale normale, serait de créer des camps de réfugiés dans des structures de toiles en vidant ainsi les parties totalement détruites des villes pour permettre leur reconstruction dans les meilleurs délais.
Dans la même perspective, le gouvernement et les autorités de l'ONU pourraient être transférées au Cap Haïtien pour les rendre de toute urgence opérationnels pendant que les infrastructures minimales indispensables au fonctionnement du gouvernement et des organisations internationales seraient reconstruites.
Il serait enfin souhaitable que la MINUSTAH dispose d'un mandat intégré permettant une réelle action efficace auprès des autorités civiles du pays, aussi bien au niveau national qu'au niveau régional et local.



 


Pour éviter la multiplication des pillages, une voiture de police patrouille dimanche dans le centre de la capitale.

Publié le 25/01/2010 à 07h41

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