Le long fleuve de la vie humaine porte les stygmates de la question de l'amour. "Suis-je aimé(e)?" Question peut-être plus nécéssaire et vitale pour les uns que les
autres. Question d'urgence ou de présence, posée sous diverses formes, manifestée par intermitences, durant l'enfance, l'adolescence, la souffrance, et tant qu'il y a du sens, ce fleuve porte les
réponses, et il se creuse parfois la tête sur des kilomètres avec la question de l'être. Mensonge que de dire que la vie est un long fleuve trenquille. Il y a les répétitions et les oppositions,
et la question "veux-tu avancer, là, ici, avec moi?" Biensûr il y a toujours les manques de confiance en soi. A l'epoque, à ta vitale question ont été fournies des réponses de principes, les
calins c'est quand elle en avait envie. Et alors pour qui, pour quoi? Quel spectacle que ce tourbillon intermitent d'echecs, d'incompréhensions de signes, ceux de cette mère déchaînée, qui
signifient, son coeur, son âme, rien que ça. mais face au père qui ne l'entend. Mais ce n'est pas la fin du monde, c'est juste, apparament, un de ses statiques instants. Et puis il y a le déni et
son contraire. Certes aussi la dualité. Le sourire, pour respirer, le rire pour changer d'air, le soupir pour se plaindre, les cris pour s'en sortir. Tu es né ici et d'ailleurs ainsi. Il y a la
terre, l'eau et l'esprit. Et ce fleuve forme, dans l'attente, des statuts d'argile, on y fabrique des dieux, de grands feux? Certes, pour s'embraser. Y découle plusieurs niveaux de souffrances et
d'interprétations. Il y a de quoi pleurer, de quoi se sentir chanceux. Il y a l'art, pêle-mêle, la douceur, la lassitude, les circuits fermés, je ne sais pas nager. Le monde ouvert du courrageux,
les armes du moyennageux. Il y a les mondes engloutis, la durée de vie neurale et le bonheur à faire craquer le coeur. Il y a tout, mais, après vous, je n'en ferais rien, je vous en prie. Il y a
les âmes délaissées, les âmes lassées, l'amour des âmes émergées, enlassées. Et, au dessus, s'endormant pour se reposer, dans les cieux des coeurs, les âmes naufragées. Larmes, douceures, la vie
ne serait-elle pas plutôt un torrent trenquille?

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