Je parlerais ici d'une forme de vécu qui fait vibrer chez moi quelques cordes sensibles... Donc rien à voir avec une experience, laquelle implique sacrifices,
ménagements, les "mains à la pâte" comme on dit... D'ailleurs de mes vingt doigts je ne fais pas grand chose, mis à part les masser pour me les réchauffer. Et je remarque que les nommer ici est
ma trenscendance de la journée. Forme de vécu disais-je. Je ne sais pas si le terme est vraiment bien choisi. Je devrais plutôt dire "subjectivité", voir "âme". Objectivemment, enfin disont en
terme de categorie socio-medicale, le terme désignant le "sort" réservé, exclusivement réservé, à ces âmes, est "trisomie". Je voudrais parler de ces âmes. De ce que je pense,
moi. Mon approche est sensible mais j'espere ne relevant pas de la sensiblerie... C'est qu'un enfant trisomique se pose lui aussi la question "suis-je aimé?", il a besoin lui aussi d'amour, il en
demande. J'ai déjà vu des documentaires télé où l'on voit l'enfant "trisomique" en rencontrer un autre et lui expliquer que, lui, ce n'est pas la même chose, pas le même problème et ni la même
problématique... C'était, et c'est toujours, une question d'amour, et ce qu'il disait était, est toujours, exacte : Chaque personne à sa place, son rythme, et ses problématiques liées, qu'on le
veuille ou non, à la question "suis-je aimé?" via laquelle l'âme est formée, motivée, et trouve son équilibre, d'où sa présence... Donc c'est trés complexe pour ces âmes... Puis-je à
partir de cette exactitude faire appel à votre imagination, et rien qu'à elle : Ces enfants voient les autres s'amuser, s'insulter, se battre, s'amouracher. Ils voient leurs parents
parler de lui en des termes peu "reluisants", avec le psy, avec le voisin : Ils lui parlent d'acceptation. C'est nécéssaire mais vous voyiez le tragique signifié ici. Ils lui parlent
de choses moins drôles encore et plus médicales. Et puis en "public" il y a les regards et moqueries qui suintent le categoriel et l'à-priori. Quelles experiences psychologiques !
Quel vécu ! Alors je crois comprendre la souffrance et l'incompréhension qu'il doit bien pouvoir y avoir parfois, et peut être régulierement, au coeur de ces âmes. Et
en fait, tous, d'une façon ou d'une autre, nous la comprenons ou croyions la comprendre. Le medecin pourra rassurer tout le monde : "c'est une baisse de morale" : ce sera exacte...

Voici des pensées qui me font penser que la foi n'est pas simple, qu'elle est aussi la pédagogie des grandes personnes et qu'elle s'accomode mal avec les solutions de facilités... Ces
pensées de Saint François d'Assise me confirment quelques pensées que je m'étais faites il y a quelques jours : à savoir que face à quelque'un de gentil et d'agréable avec vous, il faut l'être
encore plus. Mais les "propos" que tient ici Saint Francois d'Assise relèvent de la foi ( "Seigneur... " ), ils sont beaux en cela qu'il s'agit d'une prière. Et il y est
question de bout en bout je crois d'une foi, d'une dévotion, d'un amour divin, d'un abandon total, d'une foi totale en Dieu... Une sacrée personne...
Seigneur, fais de moi un instrument de paix !
Là où est la haine, que je mette l'amour.
Là où est l'offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l'union.
Là où est l'erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l'espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu'à consoler, à être compris qu'à comprendre, à être aimé qu'à aimer.
Car c'est en donnant qu'on reçoit,
c'est en s'oubliant qu'on se trouve,
c'est en pardonnant qu'on est pardonné,
c'est en mourant qu'on ressuscite à l'éternelle Vie.
Saint François d'Assise
